Le Covid-19 est revenu avec la rentrée, et depuis quelques jours les classements des « départements les plus touchés » circulent. Le dernier bulletin de Santé publique France, publié le 21 octobre, donne une image plus nuancée : pour la semaine du 12 au 18 octobre, l’activité liée au Covid-19 était globalement stable en ville et à l’hôpital, avec un faible impact sur le système de santé, et la trace du virus diminuait dans les eaux usées [1]. Trois indicateurs suivis chaque semaine permettent de comprendre où en est cette vague d’automne, et surtout qui elle concerne : les passages aux urgences, les visites de SOS Médecins et les analyses des eaux usées.
Aux urgences, un plateau depuis fin septembre, deux fois plus bas qu’il y a un an
Le premier repère vient des services d’urgences du réseau OSCOUR®. Santé publique France compte, parmi l’ensemble des passages, ceux pour lesquels un Covid-19 est suspecté. La semaine du 12 au 18 octobre, 207 passages sur 100 000 relevaient d’une suspicion de Covid-19, soit environ 0,2 % de l’activité des urgences [2]. Ce chiffre a grimpé à la fin de l’été, de 48 la semaine du 17 août à 209 celle du 21 septembre, puis il s’est stabilisé autour de 207 pendant quatre semaines [2].
Ce plateau se situe nettement en dessous des automnes précédents. À la même semaine de l’année, l’indicateur atteignait 406 en 2025, 568 en 2024 et 888 en 2023 [2] : la vague actuelle envoie deux fois moins de malades aux urgences que l’an dernier, et quatre fois moins qu’en 2023. Côté médecine de ville, les visites de SOS Médecins pour suspicion de Covid-19 reculent depuis début octobre, de 1 426 à 1 126 pour 100 000 actes en deux semaines, soit une baisse de 21 % [2].
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Dans les eaux usées, le virus recule après un pic début octobre
Le troisième indicateur ne dépend pas des consultations. Dans une cinquantaine de stations d’épuration, des laboratoires mesurent chaque semaine la quantité de matériel génétique du SARS-CoV-2, le virus du Covid-19, rapportée à la quantité d’azote pour tenir compte de la dilution [4]. Comme tout le monde tire la chasse, y compris les personnes infectées qui ne consultent pas, ce signal suit la circulation du virus dans la population. Il a été multiplié par plus de quinze entre la mi-juin et la semaine du 5 octobre, où il a atteint un niveau jugé « très élevé », puis il a baissé de 26 % la semaine suivante, sur 41 stations analysées [4].

Ce recul ne suffit pas encore à parler de reflux. Santé publique France rappelle qu’une rupture de tendance dans les eaux usées doit être confirmée sur au moins deux semaines consécutives, ces mesures pouvant produire des valeurs aberrantes [4]. Interrogé par Actu.fr, l’épidémiologiste Antoine Flahault juge lui aussi « difficile d’affirmer que le pic de la vague automnale de Covid est atteint » [9].
Le rapprochement des deux courbes est plus instructif. Au plus haut, début octobre, le signal des eaux usées atteignait 89 % du pic de l’automne 2025. Au même moment, les urgences recevaient pourtant 2,7 fois moins de patients pour suspicion de Covid-19 qu’un an plus tôt (208 contre 557 pour 100 000 passages) [2][4]. Le virus a donc circulé presque autant que l’an dernier, mais il a beaucoup moins souvent conduit aux urgences.
Les 65 ans et plus restent les plus exposés aux formes qui mènent à l’hôpital
Ce recul global masque un écart d’âge marqué. La semaine du 12 au 18 octobre, la part des passages aux urgences liés au Covid-19 atteignait 459 pour 100 000 chez les 65 ans et plus, contre 115 chez les 15-64 ans et 158 chez les moins de 15 ans [2]. Rapporté à leur activité aux urgences, le Covid-19 pèse donc quatre fois plus chez les seniors que chez les adultes d’âge actif, et c’est la seule tranche d’âge où l’indicateur progresse encore, de 12 % en une semaine [2]. Santé publique France note aussi une légère hausse du recours aux soins pour l’ensemble des infections respiratoires chez les 65 ans et plus et les moins de 15 ans [1].
Le même constat vient des maisons de retraite et des autres établissements médico-sociaux. Les épisodes de cas groupés d’infections respiratoires qui y sont signalés depuis fin septembre sont surtout dus au Covid-19, et seulement de façon sporadique à la grippe [1]. Entre le 28 septembre et le 11 octobre, 181 des 287 épisodes signalés étaient liés au Covid-19 [5].
Classements par département : des chiffres qui changent vite
Les données départementales placent la Meuse en tête, avec 1 148 passages pour suspicion de Covid-19 sur 100 000 la semaine du 12 au 18 octobre, devant le Lot-et-Garonne (631), les Alpes-de-Haute-Provence (520), la Manche (492) et la Lozère (467) [3]. Ces taux sont calculés sur l’ensemble des passages aux urgences du département. Là où les urgences reçoivent peu de patients, quelques cas suffisent à faire bondir l’indicateur : la Lozère est passée de 0 à 467 en une semaine, le Doubs de 48 à 454 et le Puy-de-Dôme de 61 à 343 [3]. Ces classements renseignent sur la pression locale aux urgences, pas sur le nombre de personnes infectées dans le département.
Les tendances régionales, calculées sur davantage de patients, sont plus stables. En Île-de-France, l’indicateur a baissé deux semaines de suite, de 291 à 180 pour 100 000 passages entre fin septembre et mi-octobre. Certaines reprises ont présenté le Centre-Val de Loire en recul, alors que la région est en hausse sur la même période, de 205 à 280 [3].

Le rappel d’automne : qui est concerné et quand le faire
La campagne de vaccination contre le Covid-19 a commencé le 13 octobre dans l’Hexagone, en même temps que celle contre la grippe [1]. Le rappel est recommandé chaque automne aux personnes les plus exposées aux formes graves [6] :
- les personnes de 65 ans et plus ;
- les enfants dès 6 mois, adolescents et adultes atteints de maladies chroniques qui augmentent le risque de forme grave (hypertension compliquée, diabète, obésité, maladies du cœur, des vaisseaux, du foie, des reins ou des poumons, cancers, greffe, notamment) ;
- les personnes immunodéprimées, dont les défenses immunitaires sont affaiblies par une maladie ou un traitement ;
- les femmes enceintes, déjà invitées à se faire vacciner contre la grippe et la coqueluche, une protection qui bénéficie aussi au bébé ;
- les résidents d’Ehpad et d’unités de soins de longue durée ;
- l’entourage et les personnes en contact régulier avec des personnes immunodéprimées ou fragiles, y compris les professionnels de santé et du secteur médico-social.
Le calendrier dépend de la dernière exposition au virus. Il faut attendre 6 mois après sa dernière dose ou sa dernière infection, un délai ramené à 3 mois pour les personnes de 80 ans et plus, les personnes immunodéprimées et celles à très haut risque [6][8]. Une personne qui a eu le Covid-19 en septembre, au début de cette vague, n’a donc pas à se précipiter. Les 80 ans et plus, les personnes immunodéprimées et les résidents d’Ehpad se voient aussi recommander une dose supplémentaire au printemps [6].
Deux vaccins sont utilisés cette saison : le Comirnaty adapté au variant XFG, disponible dès 6 mois dans sa version pédiatrique, et le Nuvaxovid, à partir de 12 ans [6]. La vaccination contre le Covid-19 est prise en charge à 100 % par l’Assurance maladie, et elle peut être faite par un médecin, un infirmier, un pharmacien ou une sage-femme [7][8]. Toute personne qui le souhaite peut aussi recevoir une dose, même en dehors des publics prioritaires [6]. La grippe, elle, reste à son niveau de base dans toutes les régions de l’Hexagone [1] : les deux vaccins peuvent être faits le même jour, un dans chaque bras, sans délai à respecter entre eux [7][8].
Sources et références
[1] Santé publique France — Infections respiratoires aiguës (grippe, bronchiolite, COVID-19). Bulletin du 21 octobre 2026, semaine 42
https://www.santepubliquefrance.fr/infections-respiratoires-aigues/grippe/bulletin-national/infections-respiratoires-aigues-grippe-bronchiolite-covid-19-bulletin-du-21-octobre-2026
[2] Santé publique France, Odissé — COVID-19 : passages aux urgences et actes SOS Médecins (France), données jusqu'à la semaine 42 de 2026
https://odisse.santepubliquefrance.fr/explore/dataset/covid-19-passages-aux-urgences-et-actes-sos-medecins-france/
[3] Santé publique France, Odissé — COVID-19 : passages aux urgences et actes SOS Médecins (département et région), semaine 42 de 2026
https://odisse.santepubliquefrance.fr/explore/dataset/covid-19-passages-aux-urgences-et-actes-sos-medecins-departement/
[4] Santé publique France, Odissé — Surveillance microbiologique des eaux usées (SUM'Eau), SARS-CoV-2, et méthodologie des indicateurs
https://odisse.santepubliquefrance.fr/explore/dataset/ira-sumeau/
[5] Santé publique France, Odissé — Cas groupés d'infections respiratoires aiguës en établissements médico-sociaux
https://odisse.santepubliquefrance.fr/explore/dataset/ira-esms/
[6] Vaccination Info Service (professionnels) — COVID-19 : recommandations de vaccination
https://professionnels.vaccination-info-service.fr/Maladies-et-leurs-vaccins/covid-19
[7] Service-public.gouv.fr — Grippe et Covid-19 : la campagne de vaccination débute le 13 octobre 2026
https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A17729
[8] Pour-les-personnes-agees.gouv.fr — Lancement de la campagne de vaccination 2026 contre la grippe et le Covid-19
https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/actualites/lancement-de-la-campagne-de-vaccination-2026-contre-la-grippe-et-le-covid-19
[9] Actu.fr — « Le virus du Covid-19 ne cesse de monter » : quels sont les départements les plus touchés par cette nouvelle vague ? (entretien avec Antoine Flahault)
https://actu.fr/societe/le-virus-du-covid-19-ne-cesse-de-monter-quels-sont-les-departements-les-plus-touches-par-cette-nouvelle-vague_64967131.html




