Aller au contenu
Santé au quotidien

Enceintes, 7 femmes sur 10 se font vacciner contre la coqueluche, mais à peine plus d’une sur 4 contre la grippe, qui protège aussi le bébé

Un peu plus d'une femme enceinte sur quatre se fait vacciner contre la grippe, alors que sept sur dix acceptent le vaccin contre la coqueluche. Pourtant, la grippe expose la grossesse à des complications, et le vaccin protège aussi le bébé jusqu'à 6 mois.

Relu par Antoine BOUQUET
Une femme enceinte souriante, manche relevée, assise dans une pharmacie lumineuse, pendant qu'une pharmacienne tient une seringue de vaccin.
Le vaccin contre la grippe peut être fait à tout moment de la grossesse, notamment en pharmacie : la campagne a ouvert le 13 octobre.

Le 20 octobre 2026, une semaine après l’ouverture de la campagne contre la grippe, l’Assurance Maladie a publié deux messages consacrés aux femmes enceintes, l’un pour le grand public, l’autre pour les pharmaciens, repris depuis par l’Ordre national des pharmaciens. [1] [2] [3] Le chiffre qui les motive tient en une ligne : en 2025, 104 500 femmes enceintes ont été vaccinées contre la grippe, sur 401 000 dont la grossesse avait débuté entre mars et novembre. Un peu plus d’une sur quatre. [2]

Ce retard frappe d’autant plus que les futures mères ne boudent pas la vaccination en général. Le dernier bulletin de Santé publique France, publié le 8 octobre, montre que 71,3 % des femmes ayant accouché en 2025 ont été vaccinées contre la coqueluche, et 53 % contre le VRS, le virus de la bronchiolite, pendant la saison 2025-2026. [4] Deux vaccins faits pendant la grossesse pour protéger le bébé ont donc convaincu une majorité de femmes en quelques années. Celui contre la grippe, qui protège la mère et l’enfant, reste loin derrière.

Coqueluche et VRS décollent, la grippe reste au plus bas

La progression des deux autres vaccins est rapide. Pour la coqueluche, la couverture est passée de 43,4 % chez les femmes ayant accouché en 2023 à 62,3 % en 2024, puis 71,3 % en 2025. Pour le VRS, proposé au 8e mois de grossesse, elle a bondi de 32,9 % à 53 % en une saison. [4]

En ce moment

Pour la grippe, Santé publique France estimait la couverture à 21,8 % pendant la saison 2024-2025. [4] Ce chiffre, comme celui de l’Assurance Maladie, part des remboursements : les vaccins faits à la maternité, à l’hôpital ou dans un cadre professionnel ne sont pas comptés. L’écart peut être important. Pour les femmes ayant accouché en mars 2021, les remboursements donnaient 15,4 % de vaccinées contre la grippe, l’Enquête nationale périnatale 30,4 %. [4] Même en tenant compte de cette sous-estimation, l’agence conclut que la vaccination antigrippale « nécessite toujours davantage de promotion auprès des femmes enceintes ». [4]

Infographie : 71 % des femmes enceintes vaccinées contre la coqueluche, 53 % contre le VRS, 26 % contre la grippe ; raisons du refus (31 %, 26 %, 19 %) ; protection de la mère et du bébé ; modalités de la campagne.
Coqueluche, VRS, grippe : la part des femmes enceintes vaccinées, les raisons avancées par celles qui ne le sont pas et ce que le vaccin antigrippal apporte à la mère et au bébé. Infographie : notre rédaction, d’après Santé publique France et l’Assurance Maladie.

Pendant la grossesse, une grippe n’est pas une grippe ordinaire

Les femmes enceintes font partie des personnes à qui la vaccination contre la grippe est recommandée chaque année, parce qu’elles sont exposées à des formes graves. L’Assurance Maladie liste les conséquences possibles : [1] [2]

  • un risque de fausse couche plus élevé, notamment parce que la fièvre peut déclencher des contractions ;
  • un risque d’hospitalisation majoré, avec parfois une atteinte pulmonaire sévère ;
  • un risque augmenté de naissance prématurée.

Ce sont ces risques, plus que la grippe elle-même, qui justifient l’insistance des autorités : l’enjeu n’est pas d’éviter quelques jours de fièvre, mais une complication qui touche la grossesse.

Un vaccin qui protège aussi le bébé pendant ses six premiers mois

Le second argument concerne l’enfant. Une femme vaccinée pendant sa grossesse produit des anticorps contre la grippe qui traversent le placenta et protègent son bébé pendant ses six premiers mois. [2] C’est précisément la période où il est le plus fragile : avant 6 mois, un nourrisson ne peut pas recevoir lui-même le vaccin antigrippal, alors qu’une grippe peut le conduire à l’hôpital, voire lui être fatale. [1] [2]

Le mécanisme est le même que pour la coqueluche, pour laquelle Santé publique France décrit une « immunisation passive » de l’enfant à naître, protégé en attendant ses propres vaccins. [4] Les futures mères l’ont largement adopté pour la coqueluche et le VRS. Le vaccin contre la grippe repose sur ce même principe.

Illustration à la gouache : une jeune mère assise près d'une fenêtre givrée tient contre elle son nouveau-né endormi, enveloppé dans une couverture corail.
Avant 6 mois, un nourrisson ne peut pas être vacciné contre la grippe : les anticorps transmis par sa mère vaccinée pendant la grossesse le protègent pendant cette période.

Pas concernées, confiance, gestes barrières : ce qui retient les futures mères

L’Assurance Maladie a interrogé les femmes enceintes qui ne se sont pas fait vacciner pendant l’hiver 2025. Leurs raisons : [2]

  • 31 % n’ont pas confiance dans les vaccins en général ;
  • 26 % disent privilégier les gestes barrières ;
  • 19 % estiment ne pas être concernées, contre 29 % un an plus tôt.

Le sentiment de ne pas être concernée recule donc nettement. C’est la défiance qui pèse désormais le plus. Sur ce point, les deux textes du 20 octobre sont catégoriques : les vaccins contre la grippe sont sans risque pour la mère et pour l’enfant. Ils ne sont associés à aucun risque de maladie maternelle, de retard de croissance in utero, de fausse couche, de malformation du fœtus ou de maladie de l’enfant après sa naissance. [1] [2] Trois vaccins sont disponibles cette saison pour les femmes enceintes : Flucelvax, Influvac et Vaxigrip. [2]

Quant aux gestes barrières, l’Assurance Maladie les présente comme un complément, pas comme une alternative : la vaccination est recommandée « en complément des gestes barrières ». [1]

Comment se faire vacciner cet automne

La campagne a commencé le 13 octobre. La vaccination peut être faite dès maintenant, quel que soit le trimestre de grossesse. [1] Un médecin, une sage-femme, un pharmacien ou un infirmier délivre un bon de prise en charge, qui permet de retirer le vaccin sans frais en pharmacie. L’injection peut ensuite être faite par l’un de ces mêmes professionnels. [1]

Les femmes enceintes sont aussi exposées à des formes graves de Covid-19. L’Assurance Maladie leur recommande de faire les deux vaccins au même moment, pour être protégées contre les deux virus. [1] Selon Santé publique France, ce second vaccin reste encore moins fait que celui contre la grippe : 6,2 % des femmes enceintes étaient vaccinées contre le Covid-19 en 2024-2025, d’après les remboursements. [4]

Sources et références

[1] Assurance Maladie (ameli.fr, espace assurés) — Le vaccin contre la grippe, essentiel pour protéger les femmes enceintes et leur futur enfant, 20 octobre 2026
https://www.ameli.fr/assure/actualites/le-vaccin-contre-la-grippe-essentiel-pour-proteger-les-femmes-enceintes-et-leur-futur-enfant

[2] Assurance Maladie (ameli.fr, espace pharmaciens) — Grippe : focus sur la vaccination des femmes enceintes, 20 octobre 2026
https://www.ameli.fr/pharmacien/actualites/grippe-focus-sur-la-vaccination-des-femmes-enceintes

[3] Ordre national des pharmaciens — Grippe : focus sur la vaccination des femmes enceintes, d'après l'actualité de l'Assurance Maladie du 20 octobre 2026
https://www.ordre.pharmacien.fr/les-communications/focus-sur/les-actualites/grippe-focus-sur-la-vaccination-des-femmes-enceintes

[4] Santé publique France — Vaccination des femmes enceintes, des seniors et des adultes à risque. Données 2025. Bulletin national, 8 octobre 2026
https://www.santepubliquefrance.fr/sites/default/files/2026-10/bullnat_vaccination_20261008.pdf

Information générale. Cet article ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. En cas d’urgence, appelez le 15 ou le 112.